Santé : bilan de la pandémie du Coronavirus dans le monde le 23 mars 2020

 

 

« Restez chez vous » : le mot d’ordre se répand un peu partout sur la planète. De Wuhan en Chine à la Bolivie, en passant par la France et par New York, près d’un milliard de personnes doivent rester à leur domicile et ainsi éviter de contracter le virus. Celui-ci a déjà contaminé plus de 300 000 personnes dans le monde et fait au moins 13 444 morts.

Publicité

Rues désertes, magasins fermés : face à la propagation rapide du virus, l’humanité se barricade. Simple recommandation des autorités comme dans l’État de New York, aux États-Unis, ces mesures sont plus contraignantes en Italie ou encore en France avec, à la clé, de fortes amendes en cas de non-respect des règles.

Restrictions supplémentaires en France

La France compte désormais 562 morts dont un premier médecin hospitalier et les pouvoirs publics se préparent à une probable prolongation du confinement, sur fond de saturation des hôpitaux dans certaines régions. Rien qu’à l’hôpital, entre vendredi et samedi, le nombre des décès a bondi de près de 20% : 6 172 patients sont hospitalisés, dont 1 525 en réanimation.

Pour ce qui est de la circulation, les vols entre la métropole et les départements et collectivités d’Outre-mer seront restreints à partir de lundi 23 mars à minuit, jusqu’au 15 avril.

Italie : arrêt des activités de production non indispensables

L’Italie compte désormais 4 825 morts pour 53 578 cas confirmés, dont plus de 6 000 guérisons. Le pays arrête toutes les activités de production non indispensables pour garantir l’approvisionnement de biens essentiels, et durcit les règles du confinement avec la fermeture de tous les espaces verts.

En Espagne, l’exécutif veut prolonger l’état d’urgence

L’Espagne compte 394 nouveaux morts du coronavirus en l’espace de 24 heures, portant le total à 1 720 décès alors que le système de santé sous pression multiplie les efforts pour résister à une nouvelle vague de la pandémie.

Le gouvernement espagnol va demander le feu vert du Parlement pour prolonger de deux semaines l’état d’urgence afin de combattre l’épidémie de coronavirus, a déclaré ce dimanche 22 mars le président du gouvernement, Pedro Sanchez, lors d’une conférence de presse.

S’exprimant à l’issue d’une rencontre avec les responsables des gouvernements régionaux, le dirigeant a expliqué que l’exécutif souhaitait maintenir les restrictions sur les déplacements instaurées le 14 mars jusqu’au 11 avril. Mais la préoccupation des autorités se porte sur les carences du système sanitaire, aussi bien en ressources humaines qu’en matériel. Des carences criantes qui compliquent la lutte contre la pandémie.

« Ce sont les soldats postés en première ligne de cette drôle de guerre », tels sont les mots utilisés par le chef du gouvernement socialiste pour désigner le personnel de santé qui, tous les jours, tente d’endiguer le fléau du coronavirus. Or, disent les autorités, ceux-ci ne seront pas assez forts et nombreux.

De source officielle, 12% du corps sanitaire est contaminé par le Covid-19, ce qui constitue un grand handicap, d’où les renforts exigés un peu partout. Les autorités nationales et régionales recrutent des milliers de personnel soignant à la retraite, jusqu’à 14 000. De plus, 2 000 militaires spécialisés vont être mobilisés, ainsi que de jeunes diplômés n’ayant pas encore exercé.

C’est surtout à Madrid que le problème se pose, car c’est là que se concentre plus de la moitié des victimes et des personnes contaminées. La présidente de la région, Isabel Diaz Ayuso, a demandé au gouvernement central 2 000 aides-soignants supplémentaires et des centaines de milliers de masques et de gants. Elle a aussi affrété deux avions spéciaux en provenance de Chine, chargés de respirateurs et autres appareils requis pour les soins intensifs.

Au Royaume-Uni, les Britanniques se réfugient à la campagne

Le Royaume-Uni voit une partie de sa population fuir les grandes villes pour aller se mettre à l’abri du Covid-19 à la campagne, obligeant le gouvernement britannique à hausser le ton et renforcer ses recommandations, rapporte notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix. Depuis quelques jours, de nombreux Britanniques qui possèdent une maison secondaire, une caravane ou un camping-car ont commencé à déferler à la campagne.

En première ligne, les régions les plus isolées comme les Highlands et les petites îles écossaises, mais aussi les endroits touristiques comme le Lake District ou les Cornouailles dont le réseau routier arriéré se retrouve encombré de visiteurs aux voitures bourrées de valises. Furieuses, les autorités ont dû fermer certaines plages et promenades de bord de mer et critiquent une attitude totalement « irresponsable » qui met en danger le fragile équilibre de communautés rurales peu habituées à un tel afflux.

Le gouvernement demande aux gens de ne pas voyager et de rester chez eux pour ne pas propager le virus et mettre en danger la vie des autres. Adoptant un ton résolument grave, Boris Johnson s’est adressé à la nation samedi 21 mars au soir, rappelant que le nombre de cas et le taux de mortalité s’accéléraient. Le Premier ministre a prévenu que le NHS, le système de santé britannique, pouvait arriver à saturation si les gens n’agissaient pas maintenant pour ralentir la propagation du coronavirus.

Premiers morts en Roumanie

Jusqu’à présent, la Roumanie a recensé 433 cas de contamination au nouveau coronavirus. Elle interdit l’accès à son territoire à la plupart des étrangers et a annoncé, dimanche 22 mars, les deux premiers décès sur son territoire de personnes contaminées.

Le ministère roumain des Affaires étrangères a également invité les Roumains en déplacement à l’étranger à retourner « de toute urgence » en Roumanie et, dans le même temps, les autorités ont demandé à la diaspora roumaine de ne pas revenir pour Pâques.

Confinement partiel aux États-Unis

Aux États-Unis,30% de la population est placée, à des degrés différents, en confinement notamment à New York, Los Angeles et Chicago. Le pays compte 340 morts pour 26 747 cas.

En Iran, les chiffres officiels remis en cause

La République islamique est aujourd’hui l’un des pays les plus touchés de la planète, avec des chiffres officiels de plus en plus ouvertement remis en cause. D’après les données fournies dimanche 22 mars par le gouvernement, le Covid-19 a fait   685 morts en Iran pour quelque 20 600 personnes contaminées.

Jeudi  19 mars, le porte-parole du ministère de la Santé, Kianouche Jahanpour, avait évoqué un rythme de 50 nouveaux cas chaque heure, pour « un mort toutes les dix minutes ».

L’Iran, pourtant durement touché par le coronavirus, tarde à confiner sa population. Samedi, le président Hassan Rohani a simplement appelé à la fermeture « des centres commerciaux ».

Couvre-feu total en Irak

Les autorités irakiennes ont annoncé dimanche imposer un couvre-feu total dans les 18 provinces du pays au système de santé ravagé, après la mort de 20 personnes du nouveau coronavirus. Pendant ce temps, le nombre de contaminations ne cesse de grimper. Les établissements scolaires et universitaires ainsi que l’ensemble des aéroports du pays sont fermés jusqu’au 28 mars.

Augmentation de cas positifs dans les États arabes du Golfe

Pour contrer la propagation rapide du virus, les six États arabes du Golfe prennent de nombreuses mesures. Au Koweït, celles-ci comptent parmi les plus drastiques. Ce matin, les autorités ont notamment annoncé une peine allant jusqu’à trois ans de prison et une amende de 10 000 dinars koweïtiens, soit environ 30 000 euros pour tous ceux qui contreviendraient au couvre-feu mis en place depuis ce week-end dans la monarchie. Il s’agit de la dernière mesure drastique annoncée par le Koweït dans le contexte de la pandémie de coronavirus, rapporte notre correspondant à Dubaï, Nicolas Keraudren.

Samedi dernier, les autorités du pays ont en effet mis en place un couvre-feu nocturne de 11 heures. Car, selon les propos d‘une autorité rapportés par l‘agence de presse officielle KUNA, les Koweïtiens « ne respectaient pas les directives sanitaires pour éviter les grands rassemblements ».

Pour contrer la propagation du virus, le Koweït est l‘un des pays à prendre les mesures les plus restrictives dans le monde. La monarchie avait déjà annoncé la suspension de tous les vols internationaux à compter du vendredi 13 mars, et ce, jusqu‘à nouvel ordre.

Jusqu‘à présent, un peu moins de 200 personnes ont été testées positives au Covid-19 et aucun décès lié au coronavirus n‘est à signaler dans le pays.

Deuxième vague de contamination en Asie

En Asie, la crainte d’unedeuxième vaguede contamination pourrait aussi accélérer ce phénomène. En Thaïlande, pays qui vient de recenser la plus forte augmentation de cas depuis le début de la pandémie, des voix s’élèvent pour demander un confinement total de la capitale Bangkok, mégalopole de plus de 10 millions d’habitants.

Par ailleurs, des millions d’Indiens sont soumis ce dimanche à un couvre-feu national à titre expérimental dans ce pays de 1,3 milliard d’habitants. Le pays connaît une progression rapide du nombre de malades identifiés, qui a dépassé la barre des 300 cas, soit une augmentation d’environ 50% en vingt-quatre heures, pour six décès.

Dans cet énorme pays, les autorités commencent donc à essayer d’empêcher la population de se déplacer pour réduire la contagion. Plus aucun train ne circulera dans le pays à partir de ce soir et jusqu’au 31 mars, explique notre correspondant à New Delhi, Sébastien Farcis.

Le train est le moyen de transport le plus utilisé par les Indiens pour traverser le pays et plus de 22 millions de personnes l’empruntent chaque jour. L’arrêt total de ces liaisons jusqu’au 31 mars permet donc d’empêcher que ces voyageurs ne répandent le virus dans tout le pays. Cette décision a été prise après que 12 passagers récents ont été testés positifs au coronavirus.

Les bus régionaux sont également mis à l’arrêt jusqu’à la fin du mois, ainsi que les métros urbains des grandes villes. De manière générale, les gares routières et ferroviaires, extrêmement peuplées en Inde, représentent de dangereux foyers de transmission.

Le gouvernement fédéral a également exigé le confinement de 10% des districts du pays, où des cas d’infection ont été identifiés. Les gouvernements régionaux du Rajasthan et du Pendjab ont imposé l’arrêt de toute activité non essentielle dans leurs États, qui comptent à eux deux plus de 100 millions d’habitants.

Nouvelles mesures en Amérique latine

En Amérique latine, le coronavirus continue de gagner du terrain malgré la fermeture de la quasi-totalité des frontières terrestres. Selon un décompte de l’AFP, la région compte 3 760 cas de contamination dont 45 morts. Le Brésil est le pays le plus touché avec plus de 1 128 cas dont 18 décès. De plus en plus de pays adoptent des mesures de confinement.

Le 17 mars dernier, le Venezuela avait été le premier dans la région à décréter un confinement général. L’Argentine a suivi ce vendredi 20 mars, le Salvador samedi, et la Bolivie a commencé ce dimanche, en attendant mardi la Colombie qui a déjà placé plus de la moitié de ses habitants en confinement et où la nuit dernière des mutineries ont éclaté dans plusieurs prisons.

Au Chili, un couvre-feu nocturne est instauré à partir d’aujourd’hui, de 22h à 5h du matin, dans ce pays qui recense 632 cas confirmés dont un mort. Le gouvernement a également annoncé la mise en place de contrôles policiers stricts, réalisés avec le soutien de l’armée, dans les trois quartiers les plus riches de la capitale qui sont « le principal foyer d’expansion du coronavirus dans le pays », a souligné le ministre de la Santé.

Au Brésil, le pays le plus atteint de la région, le président d’extrême droite, Jair Bolsonaro, minimise la crise. Les gouverneurs des États de Sao Paulo et Rio de Janeiro, les plus touchés, ont donc pris des mesures : confinement dès mardi 24 mars prochain pour le premier et ce durant quinze jours au moins, et dans le second les plages, bars et restaurants ont été fermés, avant une éventuelle suspension de toute liaison avec les autres États.
Enfin, Cuba ferme ses portes aux touristes, mais ne met en place aucun confinement, et envoie 52 médecins et infirmiers en Italie.

Cette pandémie a aussi des conséquences politiques dans la région, puisqu’au Chili le référendum constitutionnel a été reporté, ainsi que les élections générales en Bolivie. Au Honduras, le gouvernement a décrété l’état d’urgence pour une semaine, suspendant au passage plusieurs articles de la Constitution.

 

Le flou sur la situation réelle en Égypte

L’Égypte a été le premier pays africain touché par le coronavirus. Les chiffres officiels restent très faibles : 294 personnes contaminées et 10 morts, même si de nombreux touristes de retour du pays des pharaons ont été testés positifs et même si une étude scientifique canadienne relayée par plusieurs médias étrangers évoque, elle, plutôt des milliers de cas avérés.

L’Égypte a commencé à prendre des mesures avec la fermeture des aéroports le jeudi 19 mars et la suspension des offices religieux musulman et chrétien ce samedi. Mais les restaurants et les centres commerciaux restent ouverts dans la journée. Le coronavirus n’a, au départ, pas vraiment été considéré comme un véritable danger par une population qui ne voit sa vie changer que très progressivement, rapporte notre correspondante de retour du Caire, Nadia Blétry.

En Égypte, pays plus connu pour la répression de ses opposants que pour la transparence de sa communication, les informations sont distillées au compte-gouttes. Les chiffres de patients contaminés nourrissent les interrogations. Mais John Jabbour, le représentant de l’Organisation mondiale de la santé est, lui, persuadé que le gouvernement prend les bonnes décisions, même si ses réponses sont laconiques. « L’Égypte est tout à fait préparée en termes d’établissements médicaux et ses infrastructures sont équipées de respirateurs », déclare-t-il ainsi.

Dans une allocution adressée la semaine dernière à la communauté française, Stéphane Romatet, l’ambassadeur de France en Égypte, semblait, lui, plus inquiet. « Il faut nous préparer à des semaines difficiles », disait-il, notamment dans un pays qui compte 100 millions d’habitants et un système de santé fragile.

Nouveaux pays en confinement

Un confinement total a été instauré au Rwanda et en Tunisie. Le Nigeria, avec ses 200 millions d’habitants, a fortement durci ses mesures de protection en imposant notamment la fermeture de deux aéroports internationaux. La Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Congo-Brazzaville ont, quant à eux, fermé leurs frontières.

Source ; rfi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *