Interview du Président du Groupe Parlementaire UFC Honorable Sena ALIPUI : « Le Togo a perdu beaucoup de temps dans des conflits stériles, le Parlement doit l’aider à marquer des buts »

 

‘’Tous les textes adoptés l’année passée  par l’Assemblée Nationale visent à structurer le pays pour le développement et si je devais nous noter sur 10, pour cette année 2020 nous avons 7/10. Nous allons essayer de continuer à faire plus et mieux’’,  c’est un extrait de l’interview de l’Honorable Sena ALIPUI.

Celui-ci déclare entre autres : « Le Togo a perdu beaucoup de temps dans des conflits stériles,  nous considérons l’Assemblée Nationale comme une sélection nationale, et nous devons marquer des buts pour le Togo. Le plus important pour nous ce n’est pas de gagner une argumentation mais de faire progresser la situation ».

Le député Sena ALIPUI, Président du Groupe Parlementaire UFC, a accordé une interview à la Rédaction de Plume Libre et de Referencetv.tg. Dans cet entretien, Monsieur  ALIPUI n’a pas manqué de faire un bref bilan des activités au Parlement en 2020, avant de répondre à diverses autres questions notamment sur les propositions de lois, les innovations et autres.

Les actions des députés de l’UFC sur le terrain notamment dans le cadre de la lutte contre la COVID 19, le congrès du parti, le poste du Chef de File de l’Opposition et autres sujets relatifs à la diaspora ont été aussi abordées dans l’interview que nous vous proposons de lire.

 

 

         Honorable Sena ALIPUI, vous êtes Député à l’Assemblée Nationale et Président du Groupe Parlementaire UFC.

Quel bilan faites-vous de vos activités au Parlement en 2020 ?

Avant toute chose, permettez-moi de m’acquitter du devoir de présenter mes vœux de santé, de paix, et de prospérité à vos lecteurs, au peuple Togolais et à l’ensemble des amis du Togo.

 

           Au niveau du Groupe Parlementaire UFC, êtes-vous satisfait des activités à l’Assemblée en 2020 ?

Je suis relativement satisfait de notre performance pour cette année 2020, qui, en dépit de l’impact de la COVID-19 a été relativement productive.

En effet, sous la très haute impulsion de son Excellence Mme Yawa Dzigbodi TSEGAN, Présidente de l’Assemblée Nationale et de concerts avec nos frères et amis des partis parlementaires notamment UNIR, le NET, le PDP, le MPDD et le MRC sans oublier les députés indépendants, nous avons adoptés 21 textes et avons environs 22 en instances au 31 décembre 2020.

Un certain nombre de textes majeurs ont été adoptés à notamment :

  • Le code du travail ou « loi Bawara » qui réforme de fond en comble le code du travail et acte un certains nombre de mesures fiscales et sociales importantes;

 

  • La loi de programmation militaire qui va permettre de renforcer les capacités matérielles et humaines de nos forces de défenses pour leur permettre de mieux faire face aux défis sécuritaires notamment la piraterie maritime, la menace Djihadiste, la cybercriminalité etc.

 

  • La loi sur l’identification biométrique qui permettra d’avoir une base de données centralisée sur tous les résidants nationaux et étranger et permettra d’optimiser l’allocation des ressources pour les programmes sociaux comme Novissi. Elle permettra à l’État de mieux servir les populations.

 

  • La loi portant règlementation de la profession d’ingénieur pour mieux encadrer l’exercice de cette profession et mettre fin à l’anarchie qui la caractérise tout en réhaussant la qualité des services qui seront offerts aux populations;

 

  • La loi sur la médiature pour doter la Médiatrice des moyens nécessaire pour recevoir les déclarations des biens des autorités publics et également permettre de résoudre les conflits qui peuvent naître entre l’administration et les citoyens sauf les problèmes politiques bien entendu.

 

 

  • La privatisation de la NSCT qui en réalité est une cession d’une partie du capital pour 10 milliards à OLAM et qui devrait permettre de renforcer les capacités de la NSCT, lui permettre de dépasser les 200 000 tonnes par an ( contre environs 130 000 en ce moment), sans compter la formation des cotonculteurs, le traçage de pistes rurales et la mise en place de structure de transformation de coton pour fabriquer des habits créant ainsi de l’emploi, des revenus fiscaux pour l’État et l’acquisition de nouvelles compétences pour les membres de la filière etc…

 

  • La loi relative à l’alimentation scolaire, elle devrait permettre de mieux structurer ce programme qui a permis, il faut le rappeler de servir environs 72 millions de repas depuis 2008 à environs 97 000 enfants. Cette loi permettra de desservir plus de 150 000 enfants.

 

Comme vous pouvez le constatez, tous ces textes visent à structurer le pays pour le développement et si je devais nous noter sur 10, pour cette année 2020 nous avons 7/10. Nous allons essayer de continuer à faire plus et mieux.

 

 

             En tant que Groupe Parlementaire de l’opposition, y a-t-il des invocations à votre niveau ?

Rien à signaler, nous essayons de résoudre l’ensemble des problèmes que nous rencontrons, directement avec les parties prenantes et ce à huis clos. Bien qu’en minorité, nous avons une écoute attentive et beaucoup d’élégance politique venant de la majorité parlementaire, une bonne coopération et une relation quasi familiale avec les autres partis de l’opposition parlementaire. Le Togo a perdu beaucoup de temps dans des conflits stériles,  nous considérons l’Assemblée Nationale comme une sélection nationale, et nous devons marquer des buts pour le Togo. Le plus important pour nous ce n’est pas de gagner une argumentation mais de faire progresser la situation.

 

 

          Avez-vous eu à faire des propositions de loi ou à agir sur des propositions ?

Nous avons une proposition de loi initiée par le compétent et dynamique député Ahoomey-Zunu du grand Lomé, elle attend aux côtés d’une vingtaine de texte en instance d’être affectée à une commission pour étude. Nous amendons également plusieurs textes avant leur adoption en commission ou en plénière.

 

 

            La population Togolaise a constaté plusieurs actions des Députés de l’UFC sur le terrain. Quel bref bilan pouvez-vous faire des activités spécifiques des députés de l’UFC surtout au cours d’une année marquée par le coronavirus?

Notre groupe parlementaire a fait beaucoup de bien sans faire de bruit. En jetant un regard rétrospectif, ce sont des centaines de kits de lavages de mains, des milliers de masques, et Kits alimentaires, etc. pour plus de 20 millions qui ont été alloués aux activités sur le terrain et également en soutien aux efforts du gouvernement. Les différents députés s’exprimeront dans vos colonnes, je l’espère pour, présenter les activités effectuées dans leurs zones.

 

 

           Votre parti l’UFC se prépare-t-il pour un congrès très prochainement ? Qu’en est-il réellement ?

C’est une question qui relève d’un débat interne au parti. Tout ce que je peux vous dire, c’est que sous la très haute impulsion de son Excellence le Docteur Gilchrist Sylvanus OLYMPIO, Président de l’UFC et Chef de File de l’Opposition,  nous travaillons à trouver la meilleure formule pour renouveler le bureau qui doit l’entourer comme Président. Le débat et le travail de terrain suivent leurs cours mais c’est lui et lui seul qui décidera de quand et dans quelles conditions nous renouvellerons le bureau.

 

 

         Votre parti l’UFC occupe le poste de Chef de File de l’Opposition ? Comment cela se passe jusqu’ici ?

Cela se passe très bien, nous sommes en train d’institutionnaliser le CFO et j’ai bon espoir que cette année les démarches effectuées depuis deux avec l’accompagnement du gouvernement porteront leurs fruits. Souffrez que je ne m’étende pas trop sur la question nous faisons un travail délicat.

 

 

           Votre message à l’endroit de la Diaspora ?

J’invite la diaspora à continuer d’investir massivement au pays et se faire établir des cartes consulaires. Nous avons fait un pas important en leur donnant le droit de vote et en mettant en place le HCTCE. Il lui appartient maintenant de se structurer et d’utiliser ces canaux pour jouer un rôle plus important dans la vie du Togo. Il y a tant à faire ici, il faut aussi envisager de rentrer en Afrique, car l’avenir c’est ici en Afrique.

 

 

         Votre message à l’endroit de la population ? Mots de fin de cet entretien ?

C’est un message d’espoir que je souhaite adresser aux populations. Le Togo change, nous devons nous même changer de mentalité et de comportement pour préparer l’avenir des générations à venir. Nous avons le devoir de leur laisser un pays stable, un pays libre, en paix et prospère. Nous devons travailler ensemble et aller aux delà des clivages pour trouver des solutions aux problèmes de pauvreté et améliorer la gouvernance politique, économique et sociale.

Propos recueillis par Emmanuel Vivien TOMI et

 la Rédaction de Plume Libre et de Referencetv.tg

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